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Les
piolets
Le piolet accomplit une foule de
fonctions variées en milieu alpin: appui
sécuritaire en terrain incliné ou
lors d'une traverse de crevasse, nettoyage des
crampons, taille des marches en glace dure, manoeuvre
d'auto-arrêt, ancrage dans l'ascension d'un
couloir, etc... Trois types de piolets répondent
à la diversité des besoins modernes.
Piolet de randonnée
technique

Sobre et léger, ce piolet
est doté d'un manche droit et possède
une tête en acier trempé ou en aluminium.
Il assure une progression sécuritaire sur
la neige et la glace en pente moyenne. Supportant
une charge d'environ 250 kg, il n'est pas recommandé
pour les manoeuvres alpines sérieuses.
C'est avant tout un compagnon idéal en
randonnée hivernale.
Piolet d'alpinisme
Il répond adéquatement
à l'extraordinaire variété
des conditions alpines. Dans un couloir de glace
comme en terrain mixte, sa résistance supérieure
(environ 400 kg) vaut son pesant d'or. La tête
en acier forgée, plus lourde, pénètre
mieux la glace et garantit ainsi un ancrage sûr
lors des manoeuvres sécuritaires. Présente
sur certains modèles, la gaine caoutchoutée
offre une adhérence et une isolation supérieures.
Les piolets au manche lisse pénètrent
cependant mieux la neige dure. Ce type de piolet
a souvent visité l'Everest.
Piolet de cascade de glace

L'engouement croissant de l'escalade
de glace a incité les manufacturiers (européens
pour la plupart) à redessiner le piolet
alpin en fonction de besoins très spécifiques.
Plus court, ce piolet se reconnaît à
son profil agressif et son manche courbé.
Ici, on vise le compromis idéal entre la
force de pénétration, la qualité
de l'ancrage et la facilité à retirer
la lame de la glace. Par la forme sinueuse de
leurs manches, les piolets dernier cri recherchent
l'ergonomie du mouvement (poignet en position
naturelle pendant le choc) et la protection des
jointures. Plusieurs modèles proposent
maintenant des caractéristiques atténuant
la vibration causée par l'impact. Le raffinement
technique n'a pas encore fini de nous surprendre.
L'ÉQUIPE
LA CORDÉE

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L'Himalaya et le
paléoclimat

Il y a 60 millions d'années,
les continents Indien et Asiatique entraient en
collision formant la chaîne de l'Himalaya.
Cette nouvelle formation a fortement modifié
les bassins hydrographiques des océans.
L'océan Arctique, entre autres, recevra
désormais la majeure partie des eaux de
drainage du quadrilatère délimité
par la Mongolie, le Kazakhstan, la Sibérie
et la chaîne de l'Oural. L'océan
Arctique récupère ainsi 40 % de
l'eau douce du monde entier bien que son volume
ne représente que 10% du volume total de
tous les océans.
Les eaux douces, à cause
de leur faible densité, demeurent à
la surface tandis que les eaux salées,
plus denses, se trouvent dans les profondeurs.
C'est ce qu'on appelle la stratification des eaux.
Sans elle, il est impossible que la glace se forme
à la surface des océans. Pourquoi?
Parce que les eaux de surface augmentent en densité
en se refroidissant en hiver, descendent au fond,
générant ainsi des mouvements verticaux
dans la colonne d'eau. Les eaux de surface sont
ainsi remplacées par les eaux relativement
plus chaudes des profondeurs. Cet apport d'eau
chaude empêche la formation de glace et
réchauffe l'atmosphère.
Avant la formation de l'Himalaya,
on suppose qu'il n'y avait pas de stratification
en Arctique, donc pas de glace et un climat plus
chaud. Ceci pourrait expliquer le climat anormalement
chaud connu lors du Crétacée, il
y a 65 millions d'années, où des
températures plus chaudes (de 30 degrés
Celcius) étaient enregistrées à
des latitudes correspondant à celle du
Québec et même beaucoup plus au nord.
La découverte de fossiles d'alligators
sur l'île d'Ellesmere (en Arctique) datant
de cette période, constitue une preuve
de l'existence de cette période chaude.
Bruno
Tremblay,
Email: tremblay@ldeo.columbia.edu
Lamont-Doherty Earth Observatory
of Columbia University
rt 9W, Palisades, New York, U.S.A.
Tél: (914) 365-8669
Fax: (914) 365-8736

Le mal des montagnes
(la suite)

Comme nous l'avons vu dans notre
chronique précédente, le mal des
montagnes est une affection bénigne qui,
bien qu'elle ne soit pas grave, avertit le grimpeur
que son corps a besoin de temps pour s'acclimater
à l'altitude. Les malaises ressentis sont
les signes précurseurs d'un effet physiologique
perturbateur de l'hypoxie sur les cellules de
différents organes. Si cet avertissement
"physiologique " n'est pas écouté
et si des mesures correctrices ne sont pas entreprises,
il y a risque de complications. Pour ceux qui
désirent approfondir leurs connaissances
en médecine d'altitude, ce qui suit constitue
une introduction aux problèmes plus sérieux
qui peuvent survenir en montagne. Pour comprendre
comment les mécanismes d'adaptation du
corps sont dépassés lorsque les
premiers symptômes sérieux apparaissent,
voici un résumé des modifications
que les principaux organes du corps doivent entreprendre
pour pouvoir suivre les volontés du grimpeur
!
La tension artérielle en
oxygène diminue de moitié par comparaison
au niveau de la mer (94 mm Hg) lorsque les 4 500
mètres sont atteints (44 mm Hg). Ceci est
la résultante de la chute de pression atmosphérique
qui force les gaz de l'air ambiant dans les alvéoles
pulmonaires et les capillaires du réseau
vasculaire artériel. Deux fois moins d'oxygène
signifie pour les cellules de notre corps, pour
qui rien n'est possible sans ce gaz, un changement
important des "conditions de travail ".
Il existe deux mécanismes principaux pour
corriger ce manque, l'un tire son origine d'un
capteur chimique dans la carotide, principale
artère nourricière du cerveau. Dès
que le corps carotidien détecte une diminution
de la tension artérielle en oxygène,
il envoie un message au centre de contrôle
de la respiration à la base du cerveau
qui augmente alors le rythme et la profondeur
de la respiration. Une plus grande quantité
d'oxygène est ainsi absorbée mais
le gaz carbonique (CO2) déjà dans
le sang est aussi expulsé en plus grande
quantité par le même mécanisme.
Ceci perturbe le mécanisme d'homéostasie
prévu pour équilibrer la pression
des différents gaz en solution dans le
sang. L'organisme répond à la baisse
de pression artérielle en CO2 en commandant
au centre respiratoire une diminution du rythme.
Cet ordre émane des plexus choroïdiens,
formations cellulaires situées dans les
ventricules du cerveau et intimement liées
à la régulation de l'équilibre
des substances nourricières de cet organe.
Entre ces différents ordres contradictoires,
le centre de contrôle respiratoire tente
de trouver un compromis en variant le rythme automatique
de la respiration. Celui-ci demandera quelques
jours avant de se stabiliser et d'augmenter ce
rythme de façon stable. Des études
ont montré que lorsque la réponse
physiologique de certains individus indique une
augmentation considérable du rythme respiratoire,
ils sont moins sujets aux complications reliées
à l'altitude.
Le coeur aussi s'adapte à
ce changement de condition d'oxygénation.
Il augmente son rythme et décuplera la
force de sa contraction pour permettre aux différents
organes de recevoir plus de sang. Comme l'acclimatation
s'effectue sur quelques semaines, il retrouvera
sa contractilité antérieure mais
gardera un rythme plus rapide pour fournir une
quantité accrue d'oxygène aux tissus
vivants.
L'oedème pulmonaire et l'hémorragie
rétinienne font partie de ces atteintes
pour lesquelles une intervention médicale
est urgente. Ainsi, les poumons, dans leur structure
cellulaire, sont également touchés
par la baisse de la tension artérielle
en oxygène. Dans un effort visant à
favoriser l'absorption en oxygène, il y
a une augmentation de la contractilité
des artérioles au niveau des alvéoles
pulmonaires. En contrepartie, comme dans une tuyauterie
où l'espace pour l'écoulement du
flot est diminué, il y a augmentation de
pression du liquide et tendance aux fuites. C'est
la base du mécanisme pathologique responsable
de l'oedème pulmonaire : le sang transsude
à travers les petites artères et
va gonfler les tissus avoisinant, rendant ainsi
plus difficile son étirement et sa contraction
(nécessaires à l'amplitude respiratoire).
De plus, les alvéoles se gorgent de liquide
plasmatique ce qui rend difficile la circulation
de l'air dans les poumons. L'oedème pulmonaire
est une condition grave qui se manifeste par de
la toux, une respiration superficielle et accélérée,
de la cyanose (bleuissement des lèvres
et des extrémités) et, lorsque le
plasma a rempli les poumons, de l'écume
à la bouche. Dans cet état, l'exercice
est proscrit et plusieurs mesures d'urgence s'imposent
: descente ou évacuation, chambre hyperbare,
et traitement médical (nifédipine,
furosémide).
Les hémorragies rétiniennes
sont également le produit du même
mécanisme d'augmentation de la contractilité
des artérioles. Le sang se répand
alors dans ce tissu qui tapisse le fond de l'oeil
et qui contient les cellules responsables de la
perception visuelle. Lorsque le sang touche la
macula (site de la vision centrale), il y a risque
de cécité partielle ou totale. Les
gens qui prennent des anticoagulants (aspirine,
anti-inflammatoire, coumadin, ) sont à
risques supplémentaires. L'examen du fond
de l'oeil par le Dr Petry déterminera si
Bernard et son équipe sont toujours en
sécurité. Mais qui examinera celui
du Dr Pétry ?
Dans notre prochaine chronique,
nous verrons comment le cerveau est influencé
par les effets de l'hypoxie hypobarique et nous
aborderons le traitement pharmacologique préventif
de ces différentes complications.
Martin Tremblay
M.D.
CHUM Pavillon Notre-Dame
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