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Démêlons
les cordes
Diamètres de 8 mm, 9.7
mm, 10 mm, 10.2 mm, 10.5 mm, 11... le monde des
cordes semble bien complexe et intimidant, d'autant
que cette pièce d'équipement représente
le lien critique unissant le grimpeur et sa montagne,
sa paroi rocheuse ou son mur intérieur.
On achète une corde pourtant facilement,
selon le type d'activités pratiquées.
Les cordes d'escalade - qu'on
appelle « dynamiques » sont principalement
caractérisées par leur capacité
à absorber les impacts. Lorsque le grimpeur
chute et arrive au bout de sa corde, celle-ci
s'étire (jusqu'à 30%) et amortit
tout doucement l'impact. En fait, les blessures
reliées à l'impact de la chute elle-même
sont pratiquement inexistantes - ce qui n'élimine
pas la possibilité de se cogner le genou
contre la paroi!
Parce qu'elle sont nettement
plus durables, les grosses cordes de 11 mm s'adressent
aux grimpeurs débutants (inexpérience),
aux amateurs de hautes parois (travail intense,
friction) et aux guides professionnels (utilisation
fréquente). Bien qu'elles soient plus lourdes
que les autres cordes, elles conviennent parfaitement
à l'escalade en moulinette (top rope).
Les cordes de 10 mm, plus légères,
font le bonheur des gens qui grimpent en tête
(en paroi rocheuse). Plus souples, elles s'installent
mieux dans les dégaines et se manipulent
plus facilement lors des mouvements complexes.
Ces cordes s'usent cependant plus rapidement et
les « premiers de cordée »
ne les emploient plus qu'en moulinette au bout
d'un certain temps.
Bien sûr, les fabricants
ont pensé à tout en introduisant
plusieurs modèles polyvalents. Ces cordes
de 10,5 mm (environ) constituent un excellent
choix pour ceux qui font de tout.
À l'opposé, les
activités alpines nécessitent des
cordes beaucoup plus légères et
maniables. Même si elles sont moins robustes,
les cordes de 8 mm et 9 mm n'absorberont généralement
que des chutes en glissade (et non en chute libre).
En escalade de glace, elles facilitent les noeuds,
produisent moins d'impact sur les vis lors d'une
chute et sont particulièrement appropriées
aux techniques d'encordement double.
Notons que des cordes d'appoint
de 8 mm sont aussi offertes aux randonneurs qui
se lancent dans une marche d'approche ou une manoeuvre
de rappel occasionnelle.
Quel que soit le modèle,
les cordes sont presque toutes offertes en version
« imperméable ». Ce traitement
empêche l'usure prématurée
de la gaine de la corde pendant un certain temps.
Des experts nous disent qu'après une saison,
ce traitement perd 50% de son efficacité...
L'hiver, bien sûr, les cordes traitées
sont moins sujettes à geler.
C'est la fréquence d'utilisation
et la qualité de l'entretien plus que le
traitement ou la marque qui justifie la longévité
d'une corde. Toutes les marques sont bonnes et
répondent aux mêmes normes sévères
UIAA européennes. Une corde 11 mm d'excellente
qualité coûte entre 110 $ et 160
$ pour une longueur de 50 mètres.
L'ÉQUIPE DE
LA CORDÉE
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Que va manger Bernard
Voyer ?
La logistique alimentaire
d'une expédition au plus haut sommet du
monde exige une attention particulière.
Malgré l'expérience acquise lors
des expéditions précédentes,
Groenland et pôle Sud, le troisième
pôle de Bernard, l'Everest, amène
ses propres exigences au point de vue nutritionnel.
Nous vous proposons, dans un premier temps de
comparer les exigences relatives aux deux expéditions
et dans un deuxième temps, le menu de chacune
des expéditions.
Il existe peu d'études évaluant
les besoins nutritionnels (énergie, type
de substrats utilisé -- sucres, protéines,
gras, vitamines) pour les expéditions au
grand froid et en hautes montagnes. Cependant,
l'expérience nous a démontré
que notre estimation des 8 500 calories requises
quotidiennement pour réussir l'exploit
de l'expédition au pôle Sud était
juste. Quant à l'expédition à
l'Everest, on peut estimer les besoins énergétiques
à 3 000 calories lors des premiers
jours jusqu'au camp de base et à 6 000
calories lors des tentatives jusqu'au sommet.
Pourquoi une si grande différence?
Malgré l'effort physique
requis pour la montée jusqu'au camp de
base à 5 400m, la dépense énergétique
sera supérieure par la suite à cause
de différents facteurs tels que l'hyperventilation
pour contrer le manque d'oxygène dans l'air,
le froid et le vent ainsi que le temps requis
à gravir les différentes étapes.
Du dernier camp au sommet, on peut compter 10
heures à l'aller seulement.
Est-ce que Bernard consommera la
même nourriture qu'au pôle Sud si
ses besoins énergétiques sont aussi
grands ? Non. L'expédition au pôle Sud était différente puisque Bernard
et Thierry étaient en autonomie totale.
Ils effectuaient eux-mêmes le transport
de la nourriture, du réchaud, de l'essence
et du matériel. Étant donné
le froid sibérien auquel ils étaient
constamment exposés, un défi s'imposait
: un apport calorique élevé, mais
aussi un poids et un volume restreint, une nourriture
facile à manipuler, une réhydratation
et une remise en température des aliments
faciles et rapides.
Pour répondre à ces
exigences, CINTECH AA avait développé
et produit des mets spéciaux. Leur contenu
était élevé en énergie
et en gras et les aliments avaient été
lyophilisés (séchés à
froid). Bernard et Thierry n'avaient qu'à
ouvrir le sachet de nourriture, en vider le contenu
dans une casserole avec de l'eau chaude et 10
minutes plus tard, le repas était prêt.
Dans le cas de l'expédition
à l'Everest, l'exigence alimentaire s'impose
davantage dans les camps supérieurs au
camp de base. En effet, au camp de base, les repas
sont préparés par les Sherpas avec
la nourriture de la région (mets à
base de pommes de terre, de lait de Yak, d'ufs).
CINTECH AA a cependant préparé des
mets d'appoint ou complémentaires pour
cette étape. Au-delà des 5 400m,
les effets des hauteurs se font sentir et certaines
conditions sont à considérer : le
manque d'appétit, l'inaptitude à
ressentir la soif, les nausées et l'essoufflement
constant (trois petits pas, un grand respire,
deux petits pas, un grand respire...) le tout
jumelé à une mauvaise digestion.
Les besoins énergétiques
requis pour l'Expédition pôle Sud
ont été évalués (selon
des études et les besoins de Bernard) entre
8 500 et 9 000 calories. Étant
donné le poids à traîner et
la capacité du corps humain à consommer,
son apport réel n'a été que
de 6 500 à 7 500 calories, entraînant
ainsi une perte de poids correspondant à
celle prévue.
Le menu avait été
préparé en fonction d'un raid à
ski, soit un bon déjeuner, des vivres de
course ainsi que de l'eau et de la soupe pour
s'assurer d'une bonne hydratation durant le jour
et un méga souper au campement le soir.
Défi numéro deux :
l'Everest ! L'ascension peut parfois engendrer
quelques problèmes d'ordre physiologique.
À 6 000 m d'altitude et plus, le manque
d'oxygène peut causer une déshydratation
(à cause de la respiration accélérée,
la perte d'eau s'accroît lors de l'expiration),
une diminution de l'appétit, des maux de
tête, des nausées, le tout jumelé
à une mauvaise digestion. Malgré
ces quelques ennuis, le corps a besoin d'énergie
puisqu'il en dépense autant que lors d'un
triathlon, soit environ 6 000 calories.
Il est habituel de voir les grimpeurs
tenter les sommets avec peu de boissons à
boire et pratiquement rien à manger pour
éviter de transporter du poids. Il ne faut
pas oublier qu'en altitude tout devient pénible
et que la majorité des personnes ayant
tenté un sommet éprouve de la difficulté
à digérer et ne ressent ni la faim,
ni la soif.
Afin de pallier à ces problèmes
nous avons concocté une solution riche
en protéines et en sucres complexes. Cette
concoction sous forme de poudre ne nécessite
qu'une dilution avec de l'eau. La poudre contient
des protéines facilement assimilables sous
forme d'acides aminés et des sucres complexes
(malto-dextrines) qui ont une absorption lente
mais continue. Cette boisson ne contient aucun
gras afin de faciliter la digestion, mais remplace
les sels minéraux perdus par la sudation
(sodium et potassium). La quantité à
boire permettra à Bernard d'assurer son
hydratation tout en pourvoyant une quantité
importante (environ 1 500 calories) des calories
requises (environ 6 000 calories). Quelques
aliments d'appoint favoris de Bernard complètent
sa ration alimentaire pendant les journées
d'ascension. Cet apport calorique même déficient
donnera à Bernard une chance de plus pour
réussir le plus haut sommet du monde !
Christine Chénard
CINTECH AA

Activités
médicales au camp de base
Elles sont offertes par deux
cliniques médicales ouvertes 24 heures
sur 24 et tenues par mon frère espagnol
de médecine sportive et par moi-même.
Tous deux se remplacent mutuellement de temps
en temps pour se rendre jusqu'au premier hameau;
cinq heures de route pour un coke chaud, se balader
autour ou récupérer d'une nuit blanche
hyperactive.
Coiffant ces deux consultants, une
tente hospitalière pouvant accueillir 3
ou 4 patients en sleeping bags et permettant des
conditions de travail debout, conditions d'éclairage
et d'équipement plus chirurgicales. Cette
unité est de réalisation canadienne,
véritable mini-annexe de l'Hôtel-Dieu-de-Gaspé.
Des services trilingues sont donc dispensés
aux équipes de grimpeurs de l'Everest (basques,
mexicains et français), aux équipes
de grimpeurs du mont Lhotse (coréens, italiens,
japonais et espagnols), aux trekkeurs internationaux,
touristes d'un jour, soit une population maximum
de 150 personnes et quelques yaks en transit.
À noter qu'aucune carte d'assurance-maladie
n'est requise.
Les soins sont curatifs: traitement
de bobos multiples, ampoules des pieds des Sherpas,
plaies infectées des chevilles par les
morsures des sangsues durant la marche d'approche,
brûlures faciales solaires à partir
de 4000m, pharyngites et trachéites à
partir de 6000m, céphalées d'altitude,
etc...
Traitement de quelques grandes urgences
nous mobilisent pleinement. Deux insuffisances
surrénales avec épuisement extrême.
Deux oedèmes pulmonaires et cérébraux
du mal aigu des montagnes (m.a.m.). Épistaxis
incoercible obligeant à un tamponnement
par sonde urinaire de fortune dans un contexte
hémorragique majeur nocturne. Bien sûr,
pour ces cas graves voire gravissimes, évacuation
oblige vers le bas, plus près du niveau
de la mer, à dos d'homme ou à coups
de prouesses héliportées une fois
retrouvée une relative stabilité.
Pour les problèmes d'oedème cérébral
et pulmonaire du m.a.m., le caisson hyperbare
est notre meilleur allier. Il s'agit d'un mini-cerceuil
gonflable où nous enfermons le patient
en recomprimant son atmosphère ce qui revient
à le faire redescendre d'altitude de 2 000
à 3 000 mètres durant 1 à
2 heures pour résorber «l'eau»
des alvéoles des poumons ou des compartiments
du cerveau. Il y a deux caissons disponibles ici
au camp de base et un troisième prêt
au camp 2 à 6450m d'altitude. Chacun de
nos grimpeurs en connaît le fonctionnement
et peut assister d'urgence ses partenaires. Durant
la marche d'approche du camp de base, j'y ai moi-même
plongé 4 fois pour vaincre les céphalées
et nausées tenaces du m.a.m.
À cette routine thérapeutique
s'ajoute un travail préventif quant à
l'acclimatation à l'altitude. Quant à
la diététique requise, multiples
petits conseils de grand-mère scientifiquement
prouvés tels que: suppression des bonbons,
des réglisses pour préserver le
potassium et épargner les crampes, aspirine
pour retarder les engelures, hydratation optimale,
etc...
Et puis, et puis.... il y a ces
siestes délicieuses d'ensoleillement et
de durée dans un décor himalayen
grandiose.
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